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Qui suis-je?

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Cette présentation est extraite du premier chapitre de mon livre: "Les portes de l'éternité". 

 

CHAPITRE PREMIER

  Voyage vers la réalité.

           La Terre est une planète de lumière qui s’est éteinte au fil du temps parce que l’Homme a quitté le soleil des réalités pour s’engager dans les tunnels de l’illusion. Néanmoins, si l’être humain retrouvait la conscience de sa véritable nature, l’utilisation des facultés extraordinaires qui lui ont été accordées et ses pouvoirs exceptionnels sur la vie, il saurait qu’il détient depuis toujours une immense richesse enfermée en lui-même dont il ne sait plus tirer profit. Et pourtant, à chaque seconde du jour et de la nuit, il crée et donne la vie à des structures vibratoires animées par une intelligence mystérieuse que l’on nomme archétypes et qui sont le fruit vivant de ses pensées.

            Ce surprenant préambule, qui fait apparaître l’homme en créature insoupçonnée, n’est pas une simple vue de l’esprit mais le résultat d’une vie de recherches. Recherches parfois ponctuées par des instants de joie intense mais souvent jalonnées de souffrances difficiles à supporter, dues à l’incompréhension incurable à laquelle je ne me suis que trop souvent heurtée. Cependant, grâce à des perceptions hors du commun alliées à une avidité de connaissance, j’ai découvert ce que personne n’avait pu découvrir avant moi : les réalités de la vie.

            Je suis venue au monde dotée de facultés extra-sensorielles et je demande avec force que l’on ne me classe pas, sans me connaître davantage, dans la même catégorie que la pléiade de ceux qui prétendent posséder les mêmes capacités que moi. Très tôt, mes dons de voyance ont commencé à se manifester, ce qui déplut fortement à un entourage qui aurait préféré que certains faits restent discrets. A de nombreuses reprises, j’aurais été plus avisée de taire ce que je percevais, vu les suspicions sulfureuses que mes révélations entraînaient. Mais comment une petite fille innocente, qui ne connaissait encore rien de la vie, aurait-elle pu faire preuve d’autant de circonspection? Je me sentais différente et mal aimée. Pourtant, j'étais une enfant d'une sagesse exemplaire et mon cœur ne connaissait pas la haine, malgré les mauvais traitements que je subissais. J’étais perdue au milieu d’un monde d'adultes qui ne me comprenait pas. Et ma mère était la plus inhumaine d'entre eux. Plus j'essayais de la protéger, sans arrière-pensées, à l'aide de mes voyances, plus elle m'en voulait. Ainsi, un jour, elle devait se rendre à vélo à quelques kilomètres de chez nous. Au moment de son départ, je l'implorai de renoncer à ce déplacement car je savais qu'elle aurait un accident. Elle ne m'écouta pas. Elle revint la joue transpercée par la fourche de son vélo qui s'était brisée. Elle était en furie contre moi, m'accusant d'avoir provoqué ses déboires. Et elle me frappa aussi dur qu'elle put. C'est par peur de ces réactions, qui devenaient de plus en plus violentes et fréquentes, que je finis par me replier complètement sur moi-même, m’enfermant dans un mutisme sécurisant. Cependant, ce que cachaient tous ces gens se révélait être pour moi un véritable cauchemar qui finissait par m’affliger  profondément. Malgré mon jeune âge, je devais affronter deux sortes de tourments : Cendrillon locale, je devais supporter les injustices cinglantes au sens propre du terme que m'infligeait un entourage familial cruel, mais aussi un mal intérieur que je ne pouvais pas encore comprendre et qui me laissait totalement démunie, sans réaction d'autodéfense possible.....

 

...........Aussi, peu après avoir atteint mes cinq ans, ai-je sérieusement envisagé d’attenter à ma vie. Non loin de la maison de mes parents se trouvait une gare désaffectée. J’allais souvent m’isoler dans ce décor délabré, immobile, mais au sein duquel je pouvais me retrouver en toute tranquillité. Assise sur le bord d’une espèce de terre-plein qui avait du servir de quai, je baignais, ce jour-là, dans l'océan douloureux du désespoir. Je revivais intensément tous les tourments de ma courte existence et mon chagrin se déversait sur mes joues en deux cascades intarissables. La mort s’imposa alors à mon jeune esprit. J’en éprouvais un tel sentiment de délivrance que je voulus disparaître sur-le-champ. Mais comment ? De l’autre côté des vieux rails de chemin de fer, mes yeux s’arrêtèrent un instant sur une énorme réserve d’eau à ciel ouvert qui servait, dans le temps, à alimenter les trains. Elle était tout le temps pleine grâce à des sources qui jaillissaient en permanence. La mort était devenue mon amie. C'est elle qui allait me délivrer de mon cauchemar. La peur ne pouvait ni m'approcher, ni me retenir. Je me souviens seulement avoir penser que l'eau serait un peu froide. Pas longtemps. Ce serait vite passé. Arrêt de vie, délivrance, liberté, fin du tourment, solution définitive de mon problème, bonheur : plus que ces mots, c'était ce qu'ils représentaient qui m'attirait indiciblement. Je me voyais déjà étendue, légère, sereine, disparue pour l'éternité, à l'abri de tout et de tous dans ce suaire liquide  qui garderait, j'y tenais beaucoup, le secret d'un petit être qui a voulu se fondre dans les profondeurs de l'oubli. Puis, dans  un sursaut de volonté, les yeux embués de larmes, je me mis à courir vers la surface mouvante qui allait engloutir mon existence, déterminée à en finir une fois pour toutes. A cet instant, mes larmes n'étaient plus l'expression de mon désespoir mais, au contraire, celle de la joie que me procurait la perspective de ma délivrance imminente. Le trou libérateur, déformé par le flot de mes pleurs, s’approchait de moi quand, alors qu’il ne me restait que deux ou trois pas à franchir, une main venue de nulle part saisit mes vêtements à la nuque et me souleva du sol. Je pédalais dans l’air, déconcertée par cette intrusion qui me détournait aussi cavalièrement de mon but. Une autre main attrapa un de mes pieds puis « on » alla me déposer à mon point de départ. Je ne voyais ni n’entendais personne. La colère succéda à la surprise et je  m’entendis crier : « montre-toi ! Aurais-tu peur de moi ? Qui es-tu ? Répond moi ! Pourquoi as-tu fait ça ? » Je n’obtins aucune réponse. Je percevais cependant une présence. Je n'avais aucune idée de ce que cela pouvait être mais  un amour apaisant m'envahissait. Je n'avais plus envie de mourir. Je ne comprenais rien sauf que j'étais bien. Je ne me suis pas posée de questions. Il me semblait que cette « chose » inconnue était totalement digne de confiance et, en même temps, c'était comme si elle m'appartenait. Je me suis alors complètement abandonnée à cette source d'amour invisible et, pour la première fois de ma vie, je sentis entrer en moi la paix et la sérénité.......

 

..........Cependant, ce fut à l’âge de dix-sept ans que je vécus ma première grande frayeur astrale. Je me  couchai un soir comme d’habitude.  Sur le point de m’endormir, une étrange sensation de légèreté m’envahit. Je vis alors  le plafond de ma chambre se rapprocher jusqu’à ce que je parvienne à le « toucher ». Je compris que c’était moi qui étais montée jusqu'à lui et, dans le même temps, je pus contempler mon corps toujours étendu sur le lit, comme sans vie. J’étais terrifiée. Je croyais vraiment que je venais de mourir. Je n’osais pas bouger de peur de m’approcher de la porte ou de la fenêtre qui représentaient dans mon effroi des ouvertures à travers lesquelles je pouvais m’échapper sans contrôle. J’ignorais totalement ce qu’il m’arrivait, n’ayant jamais entendu parler de dédoublement auparavant. Un autre sentiment me frappa : je trouvais mon corps physique horrible. A tel point que je refusais intérieurement qu’il me représentât.  Il me fallut du temps pour me réconcilier avec lui malgré que, je le précise, objectivement, il n’était pas mal fait du tout. Le lendemain matin, tout mon corps n'était que douleur. Je suis à peu près certaine que mon ami invisible m'a aidée à réintégrer mon double physique. Peut-être aussi fut-t-il à l'origine de cette décorporation. En tout cas, ce fut grâce à cette expérience involontaire que je découvris le voyage astral. Depuis, je n’ai jamais cessé de l’employer et les distances que j’ai parcourues ainsi que les endroits où je me suis rendue vous surprendront.

                  La découverte du voyage astral fut certes une étape importante dans mon évolution mais elle marqua également  la fin de ma relation avec mon protecteur invisible. Je  ressentis un grand vide qui fut, à mon grand soulagement, assez rapidement comblé.........

 

..........Un travail intense  marqua les années suivantes : travail pour une clientèle mais aussi pour mes recherches personnelles. J’œuvrais jour et nuit sans relâche. Ma persévérance se révéla payante. J’allais de découverte en découverte. Des êtres de l’astral me contactaient régulièrement pour m’entretenir de sujets divers. Non pas pour me livrer les réponses à mes questions, car la loi du libre-arbitre leur interdisait, mais parce qu’ils savaient mieux que moi pourquoi j'étais revenue sur cette planète. L’acquisition de ce savoir inédit provoquait la modification de mes vibrations personnelles, ce qui impliquait périodiquement des changements de plans harmoniques. Pendant ces transitions, j'éprouvais un vide inquiétant. Je me sentais abandonnée, sans point de repère et sans appui moral, jusqu’au moment où, après un intervalle silencieux plus ou moins long, de nouveaux contacts apparaissaient, à chaque fois plus élevés.........

.........Aujourd’hui, je m’aperçois que la vie m'a emportée dans un tourbillon irrésistible, sans m’accorder le temps de m’arrêter sur ce que je faisais. Rien n’était prémédité, ni calculé dans mon esprit. Seul mon instinct parlait. Des gens dans l’épreuve venaient solliciter mon aide et mes élans de cœur me guidaient. Soulager, guérir, délivrer étaient mes seuls objectifs. J’ai réellement mis ma vie en jeu pour chacun de mes clients. Les résultats positifs ne s’obtiennent pas, comme en cuisine, en suivant des recettes toutes faites ou, comme il m’est arrivé de le voir, en soufflant sur le patient. Il faut non seulement prendre le mal mais surtout, en détruire la cause. Et c’est bien là le plus dur parce que non seulement on ne réussit pas toujours à évacuer la totalité du mal qu’on a pris mais il faut aussi assumer le karma que l’on a effacé. J’avais la chance, bien que cela fût à cause d’une vie très tôt tourmentée, de rester vierge de tout enseignement terrien dit supérieur et donc de pouvoir accéder, grâce à mes facultés et à mon esprit dénué d’idées préconçues, à un autre savoir : celui du cœur, c’est-à-dire à la possibilité d’accomplir des exploits sans me rendre compte que cela en était. Pour moi, souffrir pour soulager et guérir me semblait naturel. Je vivais donc dans la quasi-inconscience que je réalisais des choses extraordinaires.......


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