Crac boursier : plus dure sera la chute.



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Il faut bien reconnaître que nos dirigeants prennent un grand nombre de mesures pour juguler cette crise historique. Hélas, tout ce remue-ménage est inutile. Le malaise se situe en profondeur et l'économie réelle, celle qui nous préoccupe tous les jours pour se nourrir, se loger, en résumé, pour vivre, était déjà en récession dans nos esprits. Notre société est depuis longtemps malade de sa consommation. Elle stimule les envies, fait miroiter des plaisirs que seuls les nantis peuvent s'offrir mais elle interdit à trop de gens ne serait-ce que de vivre décemment.

Pour le citoyen moyen, les marchés financiers représentent un immense dédale incompréhensible qui n'offre que peu d'intérêt face à ses problèmes quotidiens. La plupart des travailleurs sont totalement étrangers à ces ventes, achats et spéculations sur l'avenir dans lesquelles sont mis en jeu des sommes astronomiques qui dépassent leurs imaginations. Les marchés n'ont pas perdu la fameuse confiance par hasard. Ils ne possèdent aucune base solide et l'esprit humain est trop soumis à l'appât du gain. Des milliers de gens se sont retrouvés à la rue en Amérique, perdant leurs toits et tout ce qu'ils avaient. Bravo pour leurs banquiers qui ont un taux d'intérêt d'usurier à la place du cœur.

Restaurer la confiance. La confiance en qui? En quoi? La bourse, aussi bien que les marchés financiers ou les banques, ne visent que le profit. Chaque opération est soit un pari sur l'avenir, soit une prise de plus-value immédiate. Une perte représente un échec dans ce système et elle est souvent supportée, non pas par le « spécialiste » qui a spéculé, mais par celui qui lui a fait naïvement confiance en investissant parfois les économies d'une vie.

Pour sauver ces banquiers et autres opérateurs indélicats et incompétents, en France ou ailleurs, on donne des milliards d'euros. Que l'on a pas, évidemment. Attention! Ce ne sont pas des francs! Il faut multiplier par 6,5 pour que nos esprits réalisent. Un milliard d'euros correspond à six milliards et demi de francs ou encore, tenez-vous bien, à six cent cinquante milliards de centimes. Amusez-vous à faire le calcul pour les centaines de milliards français. Et on paye quoi avec cette fortune? La confiance, bien sur.

Confiance en qui? En quoi? Nos politiques lancent des plans dont les sommes dépassent l'entendement. Le leur comme le nôtre. Ils ne savent rien de ce qu'il va se passer. On ne sait plus où on habite. On sort de derrière les fagots des milliards que, peut-être, il ne sera pas utile d'employer et dont on a pas le premier centime. On les prendra ici, où là, ou bien on empruntera (à qui? Aux chinois?) mais c'est sûr, on les aura. Le brouillard qui enveloppe l'avenir est si épais que toutes les crevasses ne sauront être évitées. La légion des spéculateurs sans scrupule ne fondra pas devant les belles paroles. Les opportunités qui se présentent à eux vont, au contraire, stimuler leur appétit. On sait bien que, souvent, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Tout est dans l'esprit.

Dans l'année que se profile, un gouffre sans fond absorbera les belles dispositions. Ce sera le temps des règlements de compte sans tendresse où « les amis » deviendront des ennemis (sans guillemets) et où les intérêts particuliers des états prévaudront sur l'intérêt du citoyen.


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